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PELERINAGE NATHANAEL FATIMA AOUT 2014

Comme chaque année, les jeunes du groupe Nathanaël sont partis en pèlerinage durant l’été. Au retour du week-end de ski en janvier à la Mongie, la décision fut prise : pour 2014 nous irions à Fatima au Portugal, sur les traces des bienheureux Jacinthe et François afin de rencontrer Notre Dame du Rosaire. Autour du frère Luc-Marie, cinq d’entre nous se sont attelés à la préparation du pélé dès le mois de juin : organisation des journées heure par heure, contacts en Espagne et au Portugal pour l’hébergement, préparation du carnet, budgétisation, etc.

Nous étions dix-neuf. Le coup d’envoi a été donné le matin du 6 août lors de l’Eucharistie en la fête de la Transfiguration. Cette circonstance liturgique providentielle annonçait d’emblée que durant les sept jours suivants, nous serions tous avec Pierre, Jacques et Jean sur le mont Thabor, partageant avec eux une expérience exceptionnelle du Ciel, à portée de mains, offert gratuitement.

Le cortège des cinq voitures s’est ébranlé dès la fin du petit-déjeuner. À Madrid, où nous avons fait étape, l’accueil des frères carmes espagnols fut très chaleureux à tous points de vue : boissons offertes, glaces, visite by night, etc. Le 7 au soir nous étions rendus sur l’autel du monde, car le site de Fatima porte ce beau vocable, légitime et toujours d’actualité : "altar do mundo".

Tout fut merveilleux et béni à tous points de vue : accueil du message, vie spirituelle, relations fraternelles, visites, conditions du séjour.

ACCUEIL DU MESSAGE

Pendant ces sept jours, à raison d’un enseignement d’une heure par jour, le frère Luc-Marie nous a introduits peu à peu dans la connaissance des apparitions, aussi bien dans leur portée historique que spirituelle. Ce fut une découverte progressive, montant en puissance au fil des jours : premier jour, les circonstances historiques ; deuxième jour, la personnalité psychologique et spirituelle des enfants ; troisième jour, le phénomène des apparitions ; quatrième jour, le contenu du message ; cinquième jour, l’appel de Notre Dame à une vie eucharistique ; sixième jour, l’appel de Notre Dame à une vie de sacrifices ; septième jour, l’appel de Notre Dame à une vie de prière. Tous ces enseignements ont été déterminants pour nous aider à entrer dans la grâce des lieux.

Nous avons retenu de ce message que Dieu voulait nous faire miséricorde, qu’il a envoyé sa très sainte Mère à Fatima pour nous délivrer des dévastations du péché et nous préserver d'une fermeture totale et définitive à Dieu. Les événements de mai à octobre 1917 sont comme un cri du Ciel pour notre temps, une urgente supplication des saints cœurs de Jésus et de Marie afin que nous choisissions le Seigneur dans nos vies, celui qui est l’Amour et la Vérité, en vue de notre salut et de celui du monde entier.

Nous devons nous engager de façon résolue et déterminée pour réparer nos péchés et ceux du monde, avec le Christ, en nous laissant incorporer à son offrande. Par les mains de Marie, Jésus veut nous associer au mystère de la Rédemption. Dans ce but, Notre Dame nous a proposé trois moyens qui sont à notre portée et qui dans la Grâce de l’Esprit Saint reçu au jour de notre baptême prennent une valeur et une dimension surnaturelle :

1 — La communion réparatrice des cinq premiers samedis du mois.
2 — Notre propre consécration à son Cœur Immaculé pour la consolation du Cœur de Dieu.
3 — Une acceptation généreuse de toutes les difficultés et contradictions, de toutes les souffrances auxquelles nous pouvons être confrontés par amour de Dieu.

VIE SPIRITUELLE

Nous sommes entrés très fort dans la prière dès le début de notre pèlerinage. Tout d’abord nous avons eu la Messe quotidienne, partagée entre nous ou bien avec le peuple portugais sur le site de l’immense et vaste sanctuaire de la Cova da Iria. Le matin nous chantions les laudes et le soir les vêpres sans oublier notre demi-heure d’oraison traditionnelle à Nathanaël. Chaque jour nous avons dit le rosaire, c’est-à-dire trois chapelets, tantôt dans les voitures lorsque nous avions de la distance à parcourir, tantôt sur les lieux que nous visitions. Aucune lassitude ne s’est faite sentir alors que le frère Luc-Marie craignait que cela soit trop intensif. Comme quoi, lorsqu’on aime le Seigneur, le prier n’est plus un devoir mais une joie, une détente du cœur.

Bien entendu, le sommet de notre expérience fut le jour anniversaire des apparitions du 13 août. Après le petit-déjeuner, nous nous sommes tous consacrés au Cœur immaculé de Marie. Puis dans la foulée nous nous sommes rendus au sanctuaire pour le chapelet et la messe internationale. Nous devions être 4 à 500 000 pèlerins entourés de cinq évêques et deux cents prêtres. Cette célébration fut pour nous comme hors du temps, tellement la présence de Notre Dame nous habitait et se faisait toucher à l’intime. Tout nous a bouleversés : la statue de Notre Dame de Fatima cheminant au milieu de la foule, les mouchoirs blancs s’agitant sur son passage, les grandes cloches du sanctuaire, la beauté de la liturgie, les chants portugais, etc. Les célébrations du 13 août ont été comme un couronnement de ces sept jours, un sceau du Ciel qui nous a marqués de façon indélébile.

RELATIONS FRATERNELLES

Nous nous connaissions tous, excepté Marie et Charlotte, amies de Jean-Hugues, ainsi que Yarelis, venues se joindre à nous pour la circonstance. Mais celles-ci ont vite été entraînées dans la ronde de l’amitié. Durant toutes ces journées la bonne humeur n’a pas faibli. Malgré la fatigue de nos journées plutôt bien remplies, aucune dispute et aucune fâcherie ne sont venues ternir le voyage. Nous avons sans aucun doute bénéficié d’une grâce particulière de l’Esprit-Saint. Comme nous avions cinq voitures, systématiquement avant d’embarquer, nous tirions au sort notre voiture d’affectation, hormis les cinq responsables des véhicules. Ce petit jeu fut une joyeuse kermesse et une occasion d’amusements sans fin ! Il nous a permis de nous faire tout à tous sans sacrifier aux amitiés particulières et aux préférences affectives qui nuisent toujours à l’unité dans les expériences de groupes. Toutes nos voitures étaient reliées par talkie-walkie ! Cela nous permettait de communiquer à 8 kilomètres de distance sans utiliser nos téléphones portables. À vrai dire, au bilan du voyage, nous ne savons pas très bien si ces ludiques instruments furent réellement ordonnés au bon ordre de nos déplacements. Ils ont semble-t-il été davantage au service des petits délires de l’équipée. Il faut aussi souligner l’ambiance bon enfant de nos pique-niques et les formidables moments de détente sur la terrasse de quelques buvettes lorsque nous avions un peu de temps libre à disposition. Il est rare de jouir d’une telle entente et d’un tel esprit de communion dans un si grand enthousiasme fraternel. Nous savons que nous le devons à la présence de Notre Dame parmi nous.

VISITES

Nous sommes allés partout et nous avons vu tous les lieux liés à la présence des enfants de Fatima. Grâce à nos voitures qui nous donnaient une grande autonomie nous avons pu circuler dans la région sans aucune difficulté ni inertie.

Au lendemain de notre arrivée, nous nous sommes dirigés, via le grand chemin de Croix, vers la paroisse de Fatima où les enfants ont été baptisés, où Lucie a fait sa première communion, où ils sont venus prier des heures durant après le temps des apparitions. Le sacristain nous attendait pour célébrer la messe. Après celle-ci, le curé qui parlait très bien le français nous a entretenus sur l’histoire de son église, sur les événements qui ont marqué la vie des enfants en ces lieux. Après le pique-nique nous nous sommes rendus à Aljustrel, le village de Lucie, Jacinthe et François, puis sur le lieu des apparitions de l’Ange à la Loca do cabeço et au puits de l’Arneiro. Ce fut un grand moment de recueillement !

Le jour suivant s’est déroulé sur le sanctuaire où ceux qui le désiraient ont pu faire le traditionnel pèlerinage à genoux. Nous avons découvert la célèbre Capelinha construite à l’emplacement précis des apparitions, l’immense église de la Trinité flanquée de ses 13 monumentales portes, la basilique de Notre Dame du Rosaire, les tombes de Lucie, Jacinthe et François.

L’avant dernier jour nous avons suivi la bienheureuse Jacinthe jusqu’à Lisbonne. Tout d’abord nous nous sommes rendus à l’hôpital Dona Estefania où elle est décédée le 20 février 1920 au terme de terribles souffrances. L’hôpital est toujours en service, modernisé. Cependant, il a gardé dans ses couloirs des traces du passage de la bienheureuse car une petite exposition permanente relate sa venue dans les lieux à travers toutes sortes de photos testimoniales : médecin qui l’a opérée, emplacement de son lit, état de l’hôpital en 1920, etc. Après cette visite très attentive nous avons célébré la messe dans la chapelle de l’hôpital où nous attendait Margarita Garcia Gomez, une infirmière qui travaille sur place et en même temps s’occupe d’accueillir les groupes de passage. La messe fut célébrée en présence de reliques de Jacinthe et du chêne des apparitions. Ensuite nous nous sommes rendus au couvent des clarisses, ancien orphelinat où Jacinthe a été accueillie pendant quelques jours avant son opération. Les sœurs clarisses ont tout conservé en l’état. C’est ainsi que notre groupe a pu faire oraison dans la petite chambre, près du lit de Jacinthe, de la petite chaise où Notre Dame lui apparut à plusieurs reprises et non loin de la petite fenêtre d’où elle priait en regardant le tabernacle.

Et enfin, la veille des célébrations finales nous nous sommes rendus à Vila Nova de Ourem où les enfants ont été retenus captifs du 13 au 15 août 1917. Une visite haute en couleurs de par les circonvolutions de l’employée municipale, au demeurant fort sympathique, qui faisait tout son possible pour sauver la réputation de la république et de son administrateur à la réputation sulfureuse. Nous n’avons pas voulu polémiquer et le frère Luc-Marie s’est contenté de quelques petites remarques afin de recadrer le discours vers plus d’objectivité. Dans l’après-midi nous reprenions la route vers le carmel de Coïmbra où Lucie a vécu. Les sœurs nous ont très bien accueillis malgré notre retard. Ce fut émouvant de célébrer l’Eucharistie en ces lieux. Le petit musée inauguré en 2007 est très touchant. Il fait apparaître avec beaucoup de reliefs l’impact des apparitions de Fatima sur la papauté des 20e et 21e siècles.

CONDITIONS DU SEJOUR

Les frères carmes ont inauguré en 2007 un grand centre de spiritualité : 50 chambres, grandes cuisines et grand réfectoire d’hôtellerie, une magnifique chapelle, un oratoire, 5 ou 6 parloirs, trois salles de conférences, un immense auditorium de 300 places. Nous n’en demandions pas tant. À côté de ce complexe les frères ont une grande maison entièrement retapée pour l’accueil des fatima. C’est là que nous étions hébergés : les filles dans deux dortoirs de 4 places, idem pour les garçons. Le frère Luc-Marie avait sa chambre individuelle. Et pour vivre convenablement : deux grandes salles de douches et w.-c., plus une cuisine-réfectoire. Tous ces équipements nous ont énormément aidés à mener notre pèlerinage dans de bonnes conditions jusqu’au bout. Nous pouvions nous reposer de nos journées bien remplies dans le calme, le frère Luc-Marie pouvait donner tous les matins son enseignement avec une qualité d’écoute, nous avions notre espace de prière attitré à l’heure que nous souhaitions et enfin, tous les soirs nous mangions à l’hôtellerie des frères sans besoin de préparer le repas.

A notre retour, nous avons continué à prier, à dire le chapelet, et nous sommes décidés à nous retrouver tous unis pour faire la communion réparatrice des 5 premiers samedis du mois. Notre Dame n'a pas fini de nous emporter dans la grâce de Fatima !


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