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COMPTE RENDU DU PÈLERINAGE D’ANNECY PAR CAROLINA

Dimanche 5 août, 7 heures du matin, nous voici rassemblés au Couvent des Carmes pour la messe d’envoi du pèlerinage du Groupe Nathanaël sur les traces de saint François de Sales. Tout le monde est à peu près à l’heure, et de plutôt bonne humeur pour une heure si matinale un dimanche.

La messe terminée, l’ambiance est donnée : C’est parti pour 5 jours d’ascension poussée par le Feu de l’Esprit-Saint jusqu’au Saint-Amour ! La fin de messe donne le ton tant la joie, la communion fraternelle et l’amitié y étaient palpables. Puis, direction le petit-déjeuner où nous attendaient de délicieuses viennoiseries faites maison.

Après plus de 8 heures de route, nous voici près du Lycée agricole où nous nous apprêtions à passer la nuit mais pour l'heure, c'est apéro après avoir dit les Vêpres et fait oraison dans un cadre magnifique.

Après une bonne nuit de sommeil, un petit-déjeuner et un topo nous mettant en appétit au sujet de la structure de la personne humaine (anthropologie salésienne) nous voici partis pour Thorens. C’est là que nous avons eu notre première Messe célébrée dans l’église où Saint François de Sales a été baptisé.

Après un pique-nique bien mérité, vu l’effort que la montée a occasionné à mes petits camarades, et à notre bon pasteur Carme, surtout pour ceux qui ont poussé mon fauteuil, nous nous sommes accordés un moment détente face à la chapelle de Sales édifiée au lieu où se trouvait le château de Saint François qui a malheureusement été rasé. Le cadre est magnifique…

Puis, direction le château du frère de Saint François, qui lui, est encore là. Oui ! Car, pour le moment, nous n’avons pas eu grand-chose qui date de l’époque de Saint François car tout a été ou rasé, ou rénové. Mais nous gardons bon espoir ! Au commencement, était un chevalier… Les Carmes n’étaient-ils pas de vaillants chevaliers ? Jadis ! Ça n’a pas beaucoup changé, mais l’attirail est remplacé par un habit et l’épée par le glaive à deux tranchants : la Parole de Dieu !

Pour notre deuxième nuit, nous avons été accueillis par les sœurs de la Visitation de Thonon les bains, qui nous ont fait un dîner royal. et un très bon accueil. De plus, le ciel était de la partie, car un gros orage a permis à mes amis de s’éviter la tente…

Ah là là, quand le ciel s’en mêle !

Bénis le seigneur ô mon âme ;

Seigneur mon DIEU tu es si grand

Et ça n’est pas tout, car voici que le lendemain, après les Laudes, surprise ! Une amie imprévue vint se révéler à nous. Il s’agit de la vénérable sœur Marie Marthe Chambon dont les reliques sont conservées au couvent de la Visitation à Thonon.
Quelle belle surprise ! Le prêtre ne s’y attendait même pas. C’est l’occasion pour nous d’entrer dans cette démarche d’union au Christ par la contemplation de ses saintes plaies et d’entrer dans ce grand mystère d’Amour qui se donne pour le salut des âmes.

Et ça tombe bien ! Car l’enseignement de ce matin était sur la définition du Saint Amour ainsi que de ses degrés. Les étoiles dans les yeux et le feu dans le cœur, nous partîmes d’un pas, et à roulettes, bien décidés vers la basilique Saint François de Sales contigüe à la petite église où il fit ses premières prédications en plein territoire protestant… !

Après une sortie de Messe en fanfare grâce à notre super équipe liturgique et surtout grâce à l’énergie débordante de Floreine et de toute la clique, nous avons offert aux riverains de Thonon la Joie qui se chante, qui tape des mains à la plus grande gloire de Dieu. Sur le parvis, c’était génial ! Que ferions-nous sans notre Floflo nationale ? Quelques passants se joignirent à nous et une petite fille semblait bien réceptive et heureuse de taper dans les mains et de chanter en nous regardant avec sa maman. Ben oui ! Puisqu’on aime râler à plusieurs, pourquoi n’aimerions-nous pas nous réjouir à plusieurs, même sur un lieu public… !

Cette bonne énergie nous a bien motivés pour marcher jusqu’au lieu de pique-nique, ce qui nous a permis de contempler la beauté du paysage en traversant la ville. Inutile de vous dire que la tentation fut bien forte de vouloir se baigner dans cette oasis qui nous souriait et nous tendait les bras sous un soleil de plomb. C’est donc au bord du lac Léman, entre la Suisse et la France, que nous avons passé une partie de l’après-midi à nous baigner dans l’insouciance, la joie et l’amitié.

Je dois dire que l’enseignement du matin sur l’Amour du prochain m’a bien été profitable, car mes camarades ont été aux petits soins pour moi. J’ai pu, grâce à leur regard bienveillant qui m’a permis de me sentir à l’aise, et aux bras costauds et motivés de Martin et Anne-Sophie, me baigner, petite créature que je suis. Et je ne parle pas de tous les autres sans lesquels ce voyage pour moi n’aurait pas été possible.

Eh oui, Nathanaël c’est aussi ça ! Des amitiés qui se créent, des enseignements qui permettent de les vivre et des cœurs ouverts qui décident de les mettre en pratique. C’est du distributeur au consommateur sans trop d’intermédiaires. Mais tout ça c’est bien gentil, mais ça n’irait pas bien loin si nous n’avions pas pour souffle et respiration, la prière. « Le monde est né de l’amour, il est soutenu par l’amour, il va vers l’amour ». C’est fort de cet amour que nous sommes rentrés dans notre logis où nous attendait un délicieux dîner préparé par les sœurs.

Pour notre dernière soirée dans ce couvent, nous pouvons dire que les sœurs nous ont gâtés car le repas était délicieux. Autre aspect de Nathanaël, qui est, il faut l’avouer, de savoir se réjouir autour d’un bon repas, don de notre seigneur qui se plaît à nourrir et réjouir ses enfants. « O Seigneur notre Dieu, qu’il est grand ton Nom par toute la terre ».

Et qu’elles sont belles les épouses que tu t’es choisies (Ps 44,11). En effet, nous avons eu la joie d’avoir un parloir avec les sœurs visitandines, qui nous ont fait, par leur seule présence lumineuse, un magnifique témoignage de ce qu’est l’amour fraternel vécu et posé en acte.

Accueillant des religieuses âgées provenant d’autres spiritualités, ces sœurs s’emploient à vivre ensemble avec leurs différences de caractère, de charisme et de problèmes de santé dans une vraie communion fraternelle. C’était merveilleux, on aurait dit de vraies saintes, vivantes et vraies ! Un avant-goût du paradis déjà présent au milieu de nous.

Mais déjà, il est temps de partir pour Annecy où notre petit groupe continue de s’aventurer sur les traces de notre Saint en faisant étape à la paroisse Sainte Bernadette pour une rencontre avec un prêtre hyper dynamique qui nous a fait prendre un nouveau tournant : celui de la spiritualité de Saint François de Sales et sa rencontre avec Sainte Jeanne de Chantal. Enfin nous y sommes ! Remplis de cette nouvelle joie nous nous aventurons dans les rues d’Annecy à la chasse au trésor : un petit jeu pensé par notre grand organisateur Alexis, qui n’a pas hésité à sortir les grands moyens pour s’assurer de notre concentration et de notre unité jusqu’au bout.

Il nous a promis une glace à la fin, et ça n’était pas de refus ! Cette image me semble tout à fait illustrer l’enseignement reçu le matin sur le projet divin du salut et sur la manière dont Saint François de Sales l’a mis en pratique. En effet, face à l’adversité protestante, au risque qu’il encourait de demeurer en ces lieux en tant que catholique, c’est par l’amour dont il a su faire preuve et l’attention donnée à tout un chacun, qu’il a pu regagner le Chablais à l’Église Catholique. Sans parler de ces fameux petits papiers laissés sous les portes des riverains qui lui valent aujourd’hui d’être désigné comme le Saint Patron des journalistes.

Pour ce qui est de la visite guidée des lieux, nous pouvions compter sur Théo et Ombeline qui me semblaient bien être les seuls, ou presque, à s’y être attelés sérieusement. C’était vraiment une belle journée, nous avons prié devant chaque lieu ayant été marqué par la présence de Saint François de Sales. C’était vraiment la classe ! De plus, le soleil était au rendez-vous et je ne doute pas que le Seigneur, à la prière de Saint François, heureux que nous ayons répondu à son invitation, nous a donné les grâces dont nous avions besoin, et ce de manière abondante. Il n’y a qu’à voir les sourires sur les visages.

Puis nous sommes allés prier près des reliques de Saint François et de Sainte Jeanne de Chantal dans la Basilique qui leur est consacrée. Là, nous avons rencontré une autre communauté de sœurs visitandines, qui nous ont fait très bon accueil lors d’un parloir en fin d’après-midi et nous ont invités à prier les Vêpres au chœur avec elles. Nous terminons en apothéose par un topo portant sur la sanctification de l’âme qui accueille la grâce.

Cet enseignement s’est aussitôt incarné dans les pauvres créatures que nous sommes car c’est bien joyeusement que nous avons rejoint la chapelle Saint Germain dans laquelle nous avons eu une très belle Messe très porteuse, priante et chantante. Là encore, le Seigneur nous a offert de magnifiques paysages à contempler, reflets vivants de la beauté et de la bonté de Dieu qui nous en fait le don.

Direction notre lieu de pique-nique. Et voilà qu’une troupe de troubadours formée par quelques membres du groupe, dont Dame Margaux, Dame Louise, et damoiseau Théo, nous ont fait la joie de nous divertir par des sketchs improvisés. Fous rires garantis qui ne peuvent se traduire en images car l’amour ne se raconte pas mais se vit. Il faut le vivre pour le comprendre, ce qui est pour vous une invitation à vous inscrire de toute urgence au prochain week-end Nathanaël.

Mais l’amusement, ça ne dure pas toute la vie… Direction le chemin de croix où nous allons pouvoir accompagner Notre Seigneur Jésus au calvaire. « Celui qui ne recherche pas la croix, ne recherche pas la gloire » nous dit St Jean de la Croix ; et inversement, point de croix portée sans gloire assurée ! Y a-t-il un plus grand amour que de souffrir avec Celui qui nous a tout donné ? Pour que, souffrant avec le Bien Aimé, nous puissions compatir en portant la souffrance de son cœur transpercé, par l’Homme qui l’a oublié. Afin que, ensemble, unis par cet amour blessé, nous puissions intercéder pour le salut de nos frères et sœurs en humanité. Laissons-nous toucher par son regard, qui nous invite à l’aimer et osons à notre tour le regarder pour toujours plus l’aimer. Souffrir avec Jésus, pour le salut de nos frères, voilà l’amour !

C’est la tête pleine des méditations de Saint François de Sales que nous partîmes en direction du lac d’Annecy en espérant encore une fois pouvoir nous baigner. Quelques péripéties plus tard, nous atteignîmes enfin le lieu de toutes nos espérances. Hou, là, là, les amis, c’est qu’il commence à se faire tard et nos estomacs se rappellent à notre bon souvenir ! Une fondue au mois d’août, fallait y penser ! N’empêche, qu’est-ce que c’était bon ! Impossible de passer à côté de la fondue savoyarde en étant en Savoie !

La joie visible de ces cinq jours, appuyée par l’apéro, nous a libérés et permis de chanter des louanges au Seigneur, de faire un Paquito sous le regard amusé des autres clients et de la serveuse. Nous avons dansé et chanté une bonne partie de la nuit, et moi de même, sur mon petit fauteuil, car Carolina en soirée, allez, allez, allez… ! L’ambiance était vraiment au top ! Le réveil le lendemain pour nous rendre à 7 heures à la messe… Mais encore une fois, nous étions là et de bonne humeur, prêts à accueillir la grande et grave nouvelle de notre bon père qui s’en va… Or, entre tristesse et joie, égoïsme et altruisme ou plutôt entre humanisme et charité, il faut choisir…!

Je crois bien que nous avons tous choisi de nous réjouir pour cette merveilleuse nouvelle de ce grand petit Carme qui s’en va faire du bien à l’autre bout du monde, auprès des pauvres parmi les pauvres. Puisse le seigneur le garder dans ce Feu d’Amour qui se donne, et continuer de faire de lui un instrument par lequel Dieu se communique aux âmes. Car prêtre à jamais selon l’Ordre et l’institution de notre Seigneur Jésus Christ qui ta choisi.

Une dernière fois, nous nous rendons auprès de Saint François de Sales et de Sainte Jeanne de Chantal pour leur confier chacune de nos vies et les remercier pour tout ce qu’ils nous ont apporté à travers ces jours passés ensemble.

Un grand merci à vous les organisateurs ! À Alexis pour son goût des produits du terroir ainsi qu’à Anne-Sophie sans laquelle je n’aurais pas pu vous faire ce petit reportage faute de carnet très bien organisé...


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