blason du Carmel2 Croix de Toulouse


LE CARMEL

« Albert, Patriarche de l’Église de Jérusalem, à ses chers fils dans le Christ, B. et les autres ermites qui vivent sous son obédience au Mont Carmel, près de la source d’Elie, salut dans le Seigneur et bénédiction du Saint-Esprit. » Ainsi commence la magnifique Règle du Carmel, écrite au début du 13ème siècle pour les premiers carmes rassemblés sur cette célèbre montagne de Palestine. Voici donc ce que sont les carmes depuis les origines : des ermites, c'est-à-dire des hommes qui choisissent la solitude comme fondement pour toute leur vie spirituelle.

Le prophète Elie

Restes du premier couvent des carmes au XIVes et vue sur la plaine de Megguido depuis le Mont Carmel

Une vie de prière

Mais cette solitude n’est pas isolement ! Par elle, le carme entend se mettre à la disposition du seul Maître entre les mains duquel il remet sa vie : le Christ Jésus qu’il choisit comme seul Ami. Dans ce silence quotidien, il donne toute sa place à la Parole de Dieu : « que chacun demeure seul dans sa cellule ou près d’elle, méditant jour et la nuit la loi du Seigneur et veillant dans la prière », nous dit encore notre Règle. Être seul, dans sa cellule ou près d’elle, permet d’être attentif à ce Dieu qui ne s’impose jamais mais se propose toujours : « Seigneur mon Dieu, médite saint Jean de la Croix, Tu n'es pas distant, Toi, de celui qui ne se rend pas distant de Toi. Comment peut-on dire que Tu t'absentes ? » Choisir la solitude permet d’écouter la voix du Père : Celui-ci « n'a dit qu'une parole, nous dit encore le saint carme, à savoir son Fils et dans un silence éternel Il la dit toujours ». Choisir la solitude rend l’âme disponible pour répondre à l’invitation de notre Mère sainte Thérèse qui, en parlant du Christ, s’exclame : « Je ne vous demande qu’une seule chose : regardez-Le ! ». Avec toute l’Église, le frère carme reçoit quotidiennement la présence de Jésus dans l’Eucharistie, présence qui rayonne dans l’ensemble de  sa journée, dans la liturgie des heures chantée en communauté, dans ses deux heures d’oraison silencieuse et dans tous les moments qu’il passera seul, dans le silence de sa cellule, auprès du Père « qui est là, dans le secret » (Mt 5, 18). Tout cela, le frère carme le vit avec Marie, Notre-Dame du Mont Carmel, dont il est le frère. Qui en effet a vécu avec autant d’amour cet idéal de solitude, de silence que la Mère de Jésus ?

Une vie commmunautaire

C’est à des frères qu’est adressée cette règle de vie, c’est-à-dire à des hommes qui ne se sont pas choisis mutuellement mais qui s’accueillent les uns les autres pour former ensemble une véritable famille. Au premier abord, on pourrait s’étonner que des ermites soignent leur vie communautaire jusqu’à promouvoir un climat familial et intime : la solitude et la vie communautaire ne s’excluent-elles pas ? Bien au contraire ! C’est dans cet équilibre que se vérifie et s’éprouve l’authenticité du don de soi de chaque membre de la communauté. Rappelons-nous les deux commandements de l’amour, celui de Dieu et celui du prochain, dont Jésus ne fait qu’une seule exigence : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit : voilà le plus grand et le premier commandement. Le second lui est semblable : tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 22, 37-39). Comme en écho à cet enseignement du Seigneur, saint Jean de la Croix écrit : « au soir de cette vie, nous serons jugés sur l’amour ». La charité fraternelle est donc l’une des grandes préoccupations des frères carmes. À cet effet, suivant l’enseignement de sainte Thérèse de Jésus, les carmes réservent deux moments de la journée à la récréation communautaire. Le but de cet exercice qui répond aux deux heures d’oraison passées avec le Seigneur, est de permettre à chaque frère non seulement de se récréer personnellement, mais aussi et surtout d’exercer sa charité en mettant un soin particulier à récréer ses frères !

Une vie apostolique

Cette charité pour Dieu et pour les frères déborde le cadre de nos couvents, comme elle dévalait les pentes du Mont Carmel lorsque saint Elie, père et inspirateur de l’Ordre, partait, suivant l’ordre du Seigneur, à la rencontre de ses contemporains (cf. 1R 17, 22).

La prédication de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ fait donc partie de la vie du carme dans la mesure où elle découle de sa rencontre quotidienne avec le Seigneur, l’Ami par excellence. Ainsi, l’Ordre du Carmel porte avec l’ensemble de l’Église le souci de l’annonce de l’Évangile au monde. En communion avec ses sœurs carmélites, il le fait tout d’abord par la prière continuelle : « dans le cœur de l’Église, ma Mère, je serai l’amour » s’écrie sainte Thérèse de Lisieux, et tout le Carmel le redit avec elle. Les frères ajoutent à cet apostolat du cœur l’activité apostolique extérieure. Ils exercent en effet diverses tâches telles que l’accompagnement spirituel, la formation à la prière, la prédication de retraites et l’investissement dans l’Église locale où ils sont insérés (groupes de prières, de jeunes, de scouts, aumôneries, etc).

Une fois encore, gardons-nous bien d’opposer vie contemplative et vie apostolique. De même que le frère carme trouve son équilibre dans une vie à la fois érémitique et communautaire, de même sa vocation l’invite à se mettre au service de toute l’Église en offrant largement les dons dont le Seigneur le gratifie dans la solitude. La mission découle tout naturellement de l’expérience contemplative.




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